LOUIS XVI

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 Petit-fils de Louis XV, il était le troisième fils du dauphin Louis (V 1765) et de Marie Josèphe de Saxe. Il porta d’abord le titre de duc de Berry. Ses deux frères aînés ayant déjà disparu, il devint héritier au trône à la mort de son père et fut marié en 1770 à l’archiduchesse autrichienne Marie-Antoinette, fille de l’empereur François ler, et de l’impératrice Marie-Thérèse. Vertueux, paisible, intelligent, assez cultivé (surtout en histoire et en géographie), il avait un désir passionné de faire le bien de son peuple et de procéder aux réformes nécessaires, mais on ne lui avait donné aucune expérience des affaires. Il souffrait surtout d’une extrême timidité, aggravée par une malformation anatomique (à laquelle une opération remédia plus tard) qui altéra à l’origine ses relations avec la jeune reine, étrangère, insouciante, ravie de découvrir tous les plaisirs que lui offrait la cour de Versailles. Il ne montra pas assez de fermeté face aux intrigues de l’entourage de la reine, où l’on trouvait les plus impopulaires des privilégiés.
Croyant désarmer les oppositions, il commit l’erreur, dès son avènement, d’appeler les parlements (août 1774), qui reprirent aussitôt leur lutte contre toute réforme. Conseillé par le vieux Maurepas, il choisit des ministres de valeur, entre autres Turgot (1774/76), mais il n’eut pas l’énergie de les soutenir et il abandonna même Necker (1776/81). Quelques réformes importantes furent cependant acquises : liberté du commerce des grains (1774), suppression des corporations et de la corvée royale (1776), suppression de la torture (1780), premières expériences d’assemblées provinciales (1778/79). Mais la situation financière continua d’empirer. Alors que la France était florissante, le Trésor public souffrait de la guerre d’Amérique (17 78/83), des dépenses de la cour et surtout du paiement des rentes et de l’amortissement des emprunts. Le gouvernement royal, trop faible, ne pouvant imposer les véritables mesures de salut – la suppression des privilèges financiers et l’égalité de tous devant l’impôt -, Calonne (1783/87) fut réduit à de nouveaux emprunts et à des expédients. Après l’échec de l’Assemblée des notables (178 7), Brienne soumit vainement au parlement un vaste projet de réformes. Le rappel de Necker et la convocation des états généraux (août 1788) devinrent inévitables.
En 1789, face à une France encore unanimement monarchiste, Louis XVI, fidèle à l’exemple des grands Capétiens, aurait pu sauver et raffermir le trône en s’appuyant franchement sur le grand élan qui poussait la bourgeoisie contre les anciens privilégiés, à la conquête du pouvoir. Soumis à des influences contraires, il ne sut pas prendre la direction de la Révolution.
Dans le conflit qui éclata dès la réunion des états (mai 1789) sur le mode de votation, par ordre ou par tête, il eut le tort de ne pas soutenir les revendications du tiers, qui réclamait le vote par tête, conséquence logique du doublement de sa représentation décidée par le roi lui-même quelques mois plus tôt. Le fossé entre le roi et le tiers s’agrandit encore quand Louis XVI fit fermer la salle des séances et voulut imposer la délibération par ordre. Devant la résistance énergique qu’il rencontra, Louis XVI perdit pied et son attitude devint de plus en plus incohérente : après avoir cédé au tiers en ordonnant la réunion des trois ordres (27 juin), il revint aux mesures de force, assembla des régiments étrangers autour de Paris, renvoya Necker (Il juill.) et eut ainsi une grande part de responsabilité dans le déclenchement de l’émeute parisienne du 14 juill. 1789. Surpris par l’ampleur de l’agitation populaire, le roi céda encore, se rendit en personne à l’hôtel de ville de Paris pour sanctionner par sa présence la chute du pouvoir absolu, accepta la cocarde tricolore (17 juill.), rappela Necker, mais revint sournoisement à la résistance en refusant de sanctionner la Déclaration des droits de l’homme et l’abolition du régime féodal, ce qui provoqua une nouvelle vague de colère contre la cour et les journées des 5/6 oct. 1789.
Ramené dans la capitale par les Parisiens, Louis XVI s’installa aux Tuileries avec sa famille, se trouvant désormais à la merci d’une population armée que travaillait la propagande des clubs. Pendant quelques mois, le roi parut s’accommoder de cette situation humiliante. Il se rendit à l’Assemblée et jura de maintenir la Constitution (4 févr.) ; le jour de la fête de la Fédération (14 juill. 1790), il fut l’objet de manifestations d’enthousiasme. Mais il ne se résignait pas sincèrement à la fin de l’absolutisme; profondément religieux, il était révolté par la Constitution civile du clergé, qu’il n’accepta qu’avec une extrême répugnance (déc. 1790). Plutôt que d’écouter les conseils de Mirabeau, qui souhaitait que le roi devint le garant de la Constitution et de la communauté nationale, Louis XVI comptait sur l’action des troupes fidèles cantonnées à la frontière de l’Est, et aussi sur l’intervention de l’Autriche. Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, il quitta donc Paris secrètement, avec la reine et ses enfants, pour rejoindre l’armée du marquis de Bouillé. Arrêté à Varennes, il fut ramené dans la capitale. Cette équipée porta un coup fatal à sa popularité. Un fort courant d’opinion, entraîné par les révolutionnaires avancés du club des jacobins, réclamait déjà sa déchéance mais la majorité modérée de l’Assemblée souhaitait le maintien du roi, Aussi l’Assemblée qualifia le départ de Louis XVI d' » enlèvement  » et non de  » fuite « , et elle déclara que le roi serait non pas déchu mais  » suspendu  » de ses fonctions jusqu’à l’achèvement de la nouvelle Constitution. Ce décret provoqua la manifestation républicaine du Champ-de-Mars, qui fut dispersée par la fusillade (17 juill. 1791). Au moment de se séparer, la Constituante rendit ses pouvoirs à Louis XVI, qui jura une nouvelle fois fidélité à la Constitution (14 sept.). Mais le roi conservait des intelligences avec l’étranger et continuait à attendre son salut de l’intervention autrichienne, que la déclaration de Pillnitz (27 août 1791) faisait paraître imminente.
À l’Assemblée législative, qui s’ouvrit le 11, oct. 1791 et décida que Louis XVI n’aurait plus droit aux titres de  » sire  » et de majesté – et ne serait plus que le  » roi des Français « , la majorité appartenait aux Girondins, qui souhaitaient la guerre avec l’étranger, en partie pour compromettre le roi et l’obliger à se démasquer. Paradoxalement, Louis XVI appelait également la guerre de ses vœux, car il était convaincu que les armées révolutionnaires seraient battues. Aussi, en mars 1792, confia-t-il le pouvoir à un ministère girondin, qui s’empressa de déclarer la guerre à l’empereur (20 avr.). Les premières défaites françaises persuadèrent Louis XVI de recourir à des mesures de force : aux mesures d’exception votées par la Législative, il mit son veto constitutionnel, fit face avec courage à l’émeute populaire du 20-juin et parut reprendre en main la situation. Mais le manifeste du duc de Brunswick (23 juill.), qui menaçait Paris d' » une exécution militaire  » en cas de nouvelle atteinte à la personne du roi, déclencha la journée du 10 août 1792 : à l’appel d’une commune insurrectionnelle, les sections parisiennes envahirent les Tuileries, massacrèrent les Suisses, et Louis XVI n’eut d’autre ressource que de se réfugier à l’Assemblée, qui prononça sa suspension et décida la convocation d’une  » Convention nationale ». Le roi fut enfermé au Temple avec sa famille. Quelques semaines plus tard, le lendemain de la victoire de Valmy, la Convention ouvrit ses séances en proclamant la république (21 sept. 1792).
La découverte de preuves concernant les intrigues secrètes de Louis XVI avec Mirabeau et ses intelligences avec les puissances étrangères permit à la Convention de décider la mise en jugement du roi (3 déc.). Pour les Montagnards, il s’agissait de braver la coalition étrangère, de créer l’irréparable entre la Révolution et l’Europe en  » jetant en défi une tête de roi « , selon le mot de Danton, mais aussi de tendre un piège aux Girondins, qui allaient se déconsidérer devant le peuple en essayant de sauver le roi. Le roi déchu, désigné dans l’acte d’accusation sous le nom de Louis Capet, fut amené le 11 déc. à la barre de l’Assemblée, et de nouveau le 23 déc. Défendu par Malesherbes, Tronchet et Desèze, Louis XVI montra une grande dignité. Les Girondins demandèrent que l’arrêt fût soumis à la ratification du peuple, mais leur proposition fut rejetée. Le 18 janv. 1793, la Convention déclara l’accusé coupable: 38 7 voix se prononcèrent pour la mort sans condition, 334 pour la détention ou la mort conditionnelle. Le lendemain, la majorité se prononça contre le sursis. Louis monta courageusement à l’échafaud le 21 janv. 1793, sur la place de la Révolution (place de la Concorde). Sa mort provoqua une immense émotion dans toute l’Europe et fut l’occasion de la première coalition. Louis XVI avait eu quatre enfants de Marie-Antoinette : Marie-Thérèse Charlotte, future duchesse d’Angoulême 1778); un premier dauphin, Louis 1781, V 1789) ; Louis XVII (v.) ; et une dernière fille, Sophie Hélène Béatrice, née en 1786 et morte à onze mois.
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