LES GRANDS MINISTRES

Sous Louis XIV

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Mazarin

Jules Raymond Mazarin (Giulio Raimondo Mazzarino) né à Pescina, dans les Abruzzes (aujourd’hui en Italie), le 14 juillet 1602 et mort à Vincennes le 9 mars 1661, mieux connu sous le nom de cardinal Mazarin, fut un diplomate et homme politique, d’abord au service de la Papauté, puis des rois de France Louis XIII et Louis XIV. Il succéda à Richelieu en tant que principal ministre de 1643 à 1661.

Né dans les Abruzzes, Giulio Mazzarini, employé dans l’armée pontificale puis la diplomatie papale, est envoyé en mission en France où il rencontre Richelieu (1630). Vice-légat d’Avignon (1634), nonce extraordinaire à Paris (1634-36), naturalisé français (1639), le chapeau de cardinal lui est accordé en 1641. Entré au Conseil royal à la mort de Richelieu (1642), il devient à la mort de Louis XIII (1643) le principal ministre de la régente Anne d’Autriche.
Il doit alors faire face à l’hostilité des « Importants ». À l’extérieur, les victoires qui jalonnent la régence mettent un terme à la guerre de Trente ans (traités de Westphalie, 1648). Mais la multiplication de nouvelles taxes déclenche la Fronde parlementaire dont Mazarin, impavide sous les outrages (mazarinades), vient à bout (paix de Rueil, 1649). La Fronde des princes lui succède. Deux fois exilé, il continue à gouverner par l’intermédiaire de la reine (et de Servien, Lionne, Le Tellier), avant de faire une entrée triomphale dans Paris (février 1653) aux côtés du roi, majeur depuis 1651.
Mazarin s’emploie alors à redresser les finances, aidé par Fouquet et Colbert. À l’extérieur, l’Espagne est contrainte à la paix par le traité des Pyrénées (1659). Laissant à son filleul Louis XIV un royaume restauré et une fortune fabuleuse, Mazarin meurt en mars 1661.

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Colbert

Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des Finances de Louis XIV, a cumulé presque toutes les charges de l’Etat. Considéré comme un gestionnaire accompli, il se charge du développement du commerce, de l’industrie, de la Marine royale, de l’aménagement de Paris et de l’essor des sciences. En relation constante avec le Roi, il reste l’un de ses meilleurs hommes de confiance.

Issu d’une famille engagée dans les relations internationales depuis le XVIe siècle, fils d’un marchand drapier, Colbert entre au service de l’Etat en 1640. Homme de confiance de Mazarin, il est nommé ministre par Louis XIV en 1661, et cumule peu à peu toutes les charges du gouvernement à l’exception des ministères de la Guerre et des Affaires étrangères. Contrôleur général des Finances, puis secrétaire d’Etat à la Maison du Roi, secrétaire d’Etat à la Marine et Surintendant des Bâtiments, Arts et Manufactures, il travaille avec le Roi cinq fois par semaine et entretient avec lui une correspondance régulière.

Colbert donne une impulsion sans précédent au commerce et développe l’influence du royaume dans le monde avec la création dans les années 1660 et 1670, des compagnies commerciales, à l’image de la Compagnie des Indes Orientales. L’Etat lui doit le comptoir de Pondichéry et l’implantation française en Nouvelle-France, futur Québec. Bâtisseur, il s’occupe également de Paris avec notamment l’aménagement de nombreuses places et du jardin des Tuileries. Attaché aux sciences, Colbert est à l’origine de la création de l’Académie des Sciences en 1666, ainsi que de l’Observatoire de Paris l’année suivante.

Malgré une certaine perte d’influence à la fin de sa carrière, Colbert ne sera jamais disgracié. Il est l’un des rares hommes dont Louis XIV sera toujours sûr. Il meurt en 1683 et est enterré à l’église Saint-Eustache. Son nom a donné le colbertisme, théorie économique qui implique dirigisme étatique et protectionnisme.

Sous Louis XV

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Fleury

Le cardinal de Fleury, aumônier de la reine Marie-Thérèse, précepteur de Louis XV puis Premier ministre du Roi, a occupé l’une des fonctions les plus importantes de l’Etat. Administration, économie, politique étrangère, le cardinal de Fleury, surnommé « Son Eternité », ne laisse rien lui échapper. Il continue jusqu’à sa mort en 1743 à gérer les affaires de l’Etat, comme l’avaient fait avant lui d’autres cardinaux tels Richelieu ou Mazarin.

Reconnu par certains historiens comme le « Richelieu de Louis XV », André Hercule de Fleury a suivi des études de théologie à la Sorbonne avant de devenir, en 1677, aumônier de la reine Marie-Thérèse, épouse de Louis XIV. Introduit à la Cour, il remplit ses fonctions ecclésiales lors des cérémonies religieuses. En 1692, il assiste au mariage du duc d’Orléans, futur Régent, avec Mademoiselle de Blois. Il s’installe par la suite dans le diocèse de Fréjus, qu’il reçoit en 1699.

Mais en 1715, Louis XIV meurt. Son testament désigne Fleury comme précepteur du jeune Louis XV. La nomination est ordonnée l’année suivante par le Régent du royaume, le duc d’Orléans.  En 1717, « Monsieur de Fréjus » est élu à l’Académie française, avant de connaitre, une dizaine d’années plus tard, la consécration : en 1726, il remplace le duc de Bourbon au poste de Premier ministre. En septembre, il est nommé cardinal par Louis XV. Confident et conseiller du Roi, il occupe alors une place centrale dans l’appareil d’Etat.

Artisan de la paix en Europe et de la stabilité économique du royaume, le cardinal de Fleury ne peut pourtant pas s’opposer à la montée en puissance du Parlement de Paris. Et malgré son influence sur le roi, il décide de mener une politique étrangère offensive. Le cardinal de Fleury, très âgé, ne peut l’empêcher d’entraîner la France dans la guerre de Succession d’Autriche en 1741. A la mort du cardinal, en janvier 1743, Louis XV prend la décision de régner seul. Aucun premier ministre ne succède à « Son Eternité », surnom donné au cardinal pour sa longévité.

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Choiseul

Homme d’Etat français né en Lorraine le 28 juin 1719, mort à Paris en 1785, fils d’un grand chambellan du duc François de Lorraine, le marquis de Stainville, petit-fils du baron de Beaupré, gouverneur de Saint-Domingue, Choiseul entreprend une carrière militaire avant d’embrasser la diplomatie.

Il sera successivement Ambassadeur à Rome en 1753 il obtient du souverain pontife une encyclique qui met fin à la querelle avec les jansénistes (affaire des billets de confession et du refus des sacrements), puis à Vienne en 1756 où il prépare le renversement des alliances (la Prusse devient pays ennemi commun de la France et de l’Autriche) ; en récompense des services rendus, la terre de Stainville est érigée en duché, l’ambassadeur prend le titre de duc de Choiseul en 1758.

Il faut noter qu’en épousant la fille du riche financier Crozat, dont la sœur est une des intimes de Mme de Pompadour, il aura eu tous les appuis nécessaires de cette dernière pour mener à bien sa carrière diplomatique.

Secrétaire d’État aux Affaires étrangères de 1758 à 1761, responsable des ministères de la Guerre de 1761 à 1770 et de la Marine de 1761 à 1766 où il cherche à limiter la participation de la France à la guerre continentale sans rompre l’alliance autrichienne. .

Pendant la guerre de Sept Ans, Choiseul renforce l’alliance autrichienne et conclut le « pacte de Famille » avec les Bourbons d’Espagne, de Parme et de Naples afin de freiner l’expansion britannique (1761).

A l’issue de ce conflit, Choiseul apporte de grandes innovations dans l’organisation de l’armée (nouvelle artillerie, abolition de la vénalité des grades, création d’une école militaire) et de la marine (construction navale, création d’arsenaux).

Il impose le respect du traité de 1738 prévoyant le retour de la Lorraine à la France, à la mort de Stanislas (1760) et, deux ans plus tard, négocie l’achat de la Corse afin de rétablir notre maîtrise en Méditerranée.

Ministre dirigeant pendant douze ans, il partage avec son cousin Choiseul-Praslin les charges de trois secrétariats d’État, il laisse au chancelier et au contrôleur général des Finances la liberté de leurs initiatives dans les réformes financières et économiques.

L’affaire d’Aiguillon-La Chalotais permet à Louis XV de mesurer le résultat d’une politique de faiblesse. La découverte d’une négociation menée secrètement par Choiseul avec l’Espagne pour une reprise de la guerre contre l’Angleterre, guerre dont le roi ne veut à aucun prix, achève la disgrâce du ministre à la fin de 1770

En mai de la même année, il avait pu faire aboutir sa politique autrichienne en faisant conclure le mariage du dauphin Louis avec l’archiduchesse Marie-Antoinette. Pour cette dernière, le départ de Choiseul est une défaite et marque la victoire du clan de la Du Barry.

Choiseul, installé sur sa terre de Chanteloup, entretint sa légende à coups de lettres et de mémoires.

Pour la petite histoire Catherine II la Grande le surnomma le « cocher de l’Europe ». Le duc est inhumé au cimetière d’Amboise et sa tombe est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

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Maurepas

Secrétaire d’État à la Marine en 1723, il améliore les ports de guerre, stimule la construction navale, supprime les galères (1748) et favorise les expéditions scientifiques. Disgracié par Louis XV en 1749 à l’instigation de Mme de Pompadour, il est ministre d’État en 1774 et devient le principal conseiller de Louis XVI, qu’il pousse à rétablir les anciens parlements et à s’assurer les services de Turgot, Vergennes, Malesherbes, Saint-Germain et Sartine. Mais, intrigant versatile, il contribue à la chute de Turgot (1776) et de Necker (1781).

Sous Louis XVI

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Necker

Suisse doté d’une formation de banquier lui ayant permis de se constituer une solide fortune personnelle, Jacques Necker est célèbre pour sa carrière de ministre des Finances. Il mène une politique économique de rigueur, de réduction des dépenses et de réforme des structures de l’administration financière. Tour à tour renvoyé puis rappelé par le roi, Necker quitte définitivement le pouvoir en 1790.

Après la disgrâce de Turgot en 1776, Louis XVI choisit de nommer Necker directeur du Trésor royal. Il est alors reconnu pour le prix d’éloquence qu’il a remporté à l’Académie française avec son Eloge de Colbert. Necker multiplie les mesures destinées à alléger les dépenses de l’Etat. Mais vantant sa politique dans un compte rendu au Roi, fait public et décrié, il démissionne en 1781 et se retire dans son château de Saint-Ouen.

Il est rappelé par Louis XVI en 1788 à la direction générale des Finances, nommé ministre et membre du Conseil du Roi. Sans abandonner les finances, son action se fait nettement plus politique. Il rappelle le Parlement de Paris dont les membres avaient été exilés et avance la date de convocation des Etats Généraux. Devant affronter la grave crise frumentaire qui touche la France, il met en place des mesures protectionnistes : l’exportation des céréales est prohibée et l’achat des grains hors des marchés interdit. Mais, indécis sur les moyens de trouver une solution à la crise des Etats Généraux et contrarié dans ses projets, il refuse d’assister à la séance royale du 23 juin 1789. Il est alors congédié par Louis XVI.

Appelé au pouvoir pour la troisième fois par le Roi en juillet 1789, Necker déplaît par ses choix politiques. Il préfère démissionner en septembre 1790 et choisit de se retirer dans son pays natal ou il se consacre à l’écriture et à sa famille. Il meurt en 1804.

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Turgot

Appelé au pouvoir par le jeune Louis XVI, Turgot incarne le renouveau dans une France lassée par la fin de règne difficile de Louis XV. Son ambition est d’assurer le financement de l’État en remplaçant privilèges et impôts par la liberté économique, source de création de richesse au profit de tous. Certaines de ses idées ont influencé les réformes de la Révolution.

Né en 1727 à Paris, fils d’un prévôt des marchands, Anne Robert Jacques Turgot devient prieur de la Sorbonne en 1749. En 1751, il renonce à entrer dans les ordres et rejoint le Parlement de Paris où il occupe diverses fonctions avant d’acheter, en 1753, la charge de maître des requêtes. Il collabore avec Vincent de Gournay, intendant du commerce, fervent partisan de la liberté économique, et l’accompagne dans ses tournées en province. Turgot est proche des physiocrates, école de pensée économique née au XVIIIe siècle.

Il rédige également des articles pour L’Encyclopédie, et en 1760 se lie d’amitié avec Voltaire. Nommé intendant à la généralité de Limoges en 1761, il met en application ses idées libérales : établissement d’un cadastre, suppression de la corvée, lutte contre la pauvreté, constructions de routes et canaux pour la circulation des grains, implantation de manufactures…

Louis XVI, qui vient d’arriver sur le trône, le nomme en 1774 Contrôleur général des Finances. Turgot rédige alors sa fameuse lettre du 24 août où il expose les mesures qui vont pouvoir financer les réformes structurelles dont le royaume a besoin : « Point de banqueroute ; point d’augmentation d’impôt ; point d’emprunts. » Cette politique de réduction des dépenses permet dès 1775 de contenir le déficit et de redresser le crédit. Fidèle à ses principes libéraux, Turgot instaure la liberté de circulation et des prix sur les grains. Mais les mauvaises récoltes entraînent la hausse du prix du pain. Des émeutes éclatent en province et en région parisienne. En 1776, le ministre s’oppose aux puissantes corporations en décrétant la liberté d’entreprise et de concurrence. Il remplace également la corvée en nature par une taxe sur les propriétaires. L’impopularité de ces mesures, tant dans le peuple qu’auprès des classes privilégiées, fragilise sa position. Sous l’impulsion de la reine et du ministre Maurepas, il démissionne le 12 mai 1776 et consacre la fin de sa vie à des travaux d’économie, de littérature et de physique.

Sources articles: chateauversailles.fr / wikipedia / histoire-en-ligne.com

Sources photos: google images

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