LE POTAGER DU ROI

Keraudren0093

Louis XIV, le Roi-Soleil, souhaite un palais à sa mesure : roi de droit divin, au pouvoir absolu, il veut éblouir les nations, et contraindre une noblesse volontiers frondeuse à l’obéissance. En 1661, après l’insolente magnificence de la fête offerte par son surintendant des Finances, Fouquet, à Vaux-le-Vicomte, le roi affirme sa puissance ; il fait emprisonner Fouquet et s’attache les artistes qui avaient réalisé Vaux. Tous vont œuvrer à sa propre glorification, pour réaliser un palais à partir du petit pavillon de chasse de son père Louis XIII, et métamorphoser forêts et marécages qui l’entourent en un jardin d’une ampleur inégalée.

UPL6903890956574861370_grand_carr___vue_de_la_cath__drale_KW

Sous la direction attentive de Louis XIV, les meilleurs artistes de l’époque vont faire de Versailles la première cour d’Europe, en particulier Le Vau pour l’architecture, Le Nôtre pour les jardins, Le Brun pour la sculpture. Connu pour ses compétences dans le domaine des jardins fruitiers et potagers, La Quintinie est chargé de fournir en fruits et légumes la table du roi.

vue_potager_home1

Photo: colloque4.inra.fr

Les prodiges accomplis par La Quintinie lui attirèrent la reconnaissance de son maître. Louis XIV aimait, dit-on, venir se promener au Potager. Descendant du château par les « Cent marches » bordant le parterre de l’Orangerie, dont La Quintinie était aussi responsable, il arrivait par la Grille du roi que l’on peut toujours admirer aujourd’hui. Il remontait ensuite une allée ponctuée de seize poiriers ‘Robine’, avant de découvrir, depuis la terrasse aujourd’hui abaissée en son milieu, le Grand Carré où s’affairaient une trentaine de garçons jardiniers. Féru de jardinage, Louis XIV apprit même à tailler les arbres fruitiers avec son jardinier.
Louis XIV fit aussi les honneurs de son potager à d’illustres invités, dont les ambassadeurs du Siam, ou le doge de Venise.
L’été en hiver : les prodiges de La Quintinie avec les primeurs
En employant des fumiers frais en provenance des écuries, en jouant des diverses expositions, en utilisant abris de verre et cloches, La Quintinie met au point des techniques élaborées pour obtenir des récoltes à contre-saison. Les fumiers sont choisis en fonction de la nature de la terre : les fumiers de bœuf, de vache ou de cheval ont des effets différents, mais tous sont « comme une espèce de monnaie qui répare les trésors de la terre ». Les résultats extraordinaires obtenus font la renommée du Potager de Versailles :
« La chaleur, tant dans la terre que dans l’air ne peut régulièrement venir que des rayons du soleil. J’ose dire pourtant que j’ai été assez heureux pour l’imiter en petit à l’égard de quelques petits fruits : j’en ai fait mûrir cinq et six semaines devant le temps, par exemple des fraises à la fin mars, des précoces, et des pois en avril, des figues en juin, des asperges et des laitues pommées en décembre, janvier, etc. »
dit La Quintinie dans son Instruction pour les jardins fruitiers et potagers, en 1690. Il parvint aussi à avoir des cerises en mai, des concombres début avril, etc.
Cette technique rend La Quintinie célèbre, et, toute sa vie, il poursuivra ses expériences, car « un bon jardinier doit avoir de la passion pour les nouveautés ».

1004335-Jean_de_La_Quintinie La_Quintinie

Jean-Baptiste de la Quintinie

Né en 1624 à Chabanais en Charente, Jean-Baptiste La Quintinie, après des études de droit, fut reçu à Paris comme avocat à la Cour du parlement, et maître des requêtes de la Reine. Jean Tambonneau, président de la Cour des comptes, le remarqua, et lui confia l’éducation de son fils Michel. La Quintinie partit alors pour un « grand tour » en Italie, afin de familiariser son élève avec les arts. Très impressionné par ces jardins, par la beauté de la végétation, il décida de se consacrer à l’horticulture.
Dévorant les écrits des auteurs anciens, en particulier les agronomes Pline et Columelle, il se mit aussi au fait des théories contemporaines, et s’exerça à la pratique dans le jardin de M. Tambonneau à Paris. Sa renommée le fit appeler par les grands de l’époque, et il créa des jardins potagers et fruitiers à Sceaux, Rambouillet. Louis XIV le débaucha pour diriger l’ancien potager de Louis XIII à Versailles.

En 1670, il est fait directeur de tous les jardins fruitiers et potagers royaux, charge créée pour lui. Tout en continuant à veiller sur ses anciennes créations, il est responsable des jardins royaux ainsi que des arbres de l’orangerie construite par Mansart. En 1678, il entreprend la création d’un nouveau potager qui le rend plus célèbre encore.
Soucieux d’avoir été parfois mal imité, La Quintinie rédige son Instruction pour les jardins fruitiers et potagers, publiée à titre posthume en 1690. Il y livre ses expériences dans le domaine des primeurs, mais aussi de la taille des fruitiers. Le premier, il met en évidence le rôle de la sève dans la croissance et la fructification des arbres fruitiers, ainsi que le système racinaire des arbres, et les précautions à prendre lors de leur transplantation.
Devant tant de services rendus, il est anobli en 1687 par Louis XIV. À sa mort le 11 novembre 1688, Louis XIV confia à sa veuve : « Madame, nous avons fait une grande perte que nous ne pourrons jamais réparer ». La Quintinie, en effet, a eu beaucoup d’influence grâce aux liens tissés avec de nombreux savants et curieux de son époque, français ou étrangers, etc.

Source: potager-du-roi.fr

plan-satellite-copie

Photo: planetastronomy.com

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s