LE MARIAGE DE LOUIS XV et MARIE LECSZINSKA

Le_Mariage_de_Louis_XV_et_de_Marie_Lecszinka_dans_la_chapelle_de_Fontainebleau_le_5_septembre_1725,_Anon
Le 5 septembre 1725, Louis XV épouse Marie Leszczynska, fille unique de l’éphémère roi de Pologne Stanislas 1er. Choisie au terme d’une impitoyable sélection parmi la noblesse de toute l’Europe, la nouvelle reine n’a qu’un devoir : donner au royaume de France un héritier.

En 1721, le jeune Louis XV, alors âgé de onze ans, est fiancé à l’infante espagnole, Marie Anne Victoire, fille du roi Philippe V. Elle n’est alors qu’une enfant d’à peine trois ans. Si cette union répond aux voeux des deux royaumes désireux de restaurer des relations amicales, l’extrême jeunesse de la princesse espagnole et la santé fragile de Louis XV augurent mal de leur capacité à donner un héritier au trône de France. D’autre part, le duc de Bourbon, principal ministre, depuis le décès en 1723 du régent Philippe d’Orléans, sait qu’en l’absence de dauphin, c’est le duc d’Orléans, fils du régent, qui obtiendra le trône. Or, le duc Louis Henri de Bourbon Condé, arrière-petit-fils du grand Condé, déteste cordialement la branche cadette de la famille de France, les Orléans. Bref, il convient donc de hâter la paternité du roi et l’idée du choix d’une nouvelle épouse s’impose progressivement. L’affaire devient plus urgente encore, en février 1725, lorsque Louis XV doit s’aliter après avoir abusé de la chair et de la chasse. Le duc de Bourbon décide alors de renvoyer l’infante espagnole chez ses parents. Le 5 avril, à la tête d’une suite de deux cents personnes, Marie Anne Victoire quitte Versailles, ignorant tout de sa situation, persuadée de revenir en France une fois accomplis ses devoirs filiaux. Il n’en est rien et elle épousera finalement, en 1729, le futur roi du Portugal Joseph 1er.

Dès l’été 1724, le duc de Bourbon charge Morville, Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères, de lui présenter une liste de candidates. Travaillant sans relâche et dans le plus grand secret, Morville sélectionne une centaine de noms. Mais parmi ces prétendantes, quatre vingt douze sont éliminées d’emblée, trop âgées, trop jeunes ou encore de peu de fortune. Après avoir écarté les ultimes impétrantes pour calvinisme ou pour cause d’une éducation « au milieu d’un peuple encore barbare » telle la princesse Anne de Russie, le conseil du 31 mars 1725, sélectionne Marie Leszczynska, fille de Stanislas 1er, roi détrôné de Pologne. Un courrier part aussitôt pour Wissembourg annoncer la bonne nouvelle. En ouvrant le pli, Stanislas s’évanouit tant l’émotion est forte. Mais il faut encore garder le secret car l’infante espagnole est toujours en France. C’est seulement le 27 mai que le mariage de Louis VI et de Marie est annoncé publiquement.
Née le 23 juin 1703, Marie Leszczynska est de sept ans l’aînée de Louis XV. Fille unique de Stanislas, elle a été ballottée au gré des infortunes de son père. Elu roi de Pologne en 1704, il a dû abandonner son trône dès 1709. Exilé en Turquie, démuni, il s’installe en 1719 à Wissembourg où il maintient un semblant de cour grâce aux subsides du duc de Lorraine et du régent Philippe d’Orléans. On comprend pourquoi l’annonce du prochain mariage de Louis XV avec sa fille déclenche quelques rumeurs de désapprobation à la Cour de France. Certains s’offusquent d’une telle mésalliance avec une famille n’appartenant même pas à la haute noblesse polonaise. Les ragots colportent l’image d’une femme laide, malade, sotte et stérile.

Qu’importe les commérages, le mariage est prestement organisé. Le 15 août 1725, en la cathédrale de Strasbourg, le duc d’Orléans, en sa qualité de premier prince de sang, épouse Marie par procuration. Dès le lendemain, le cortège prend la direction de Fontainebleau. Après trois semaines d’un périple ralenti par l’état catastrophique des routes détrempées, Marie découvre enfin son royal époux. Le temps maussade qui règne sur Fontainebleau, le 4 septembre 1725, ne ternit en rien l’éclat des festivités. Marie, parée d’un manteau de velours violet semé de fleurs de lys et de pierreries, embellie d’une traîne de près de dix mètres, porte une couronne sertie de diamants. Louis, vêtu d’un habit de brocart et d’un riche manteau, arbore un chapeau à plumes blanches agrémenté d’un imposant diamant. Après une cérémonie de plusieurs heures, la journée se poursuit autour d’un festin ponctué par la représentation du « Médecin malgré lui » de Molière, et d’éblouissantes illuminations. A dix heures, le couple royal peut enfin jouir d’une relative intimité. Le lendemain, le duc de Bourbon savoure sa victoire lorsque le roi avoue avoir accordé à la reine « sept preuves de tendresses » au cours de la nuit. De fait, le duc peut être rassuré : Louis XV sera, en 1727, père à dix sept ans et demi, et le sera neuf autres fois au cours des dix années suivantes.

Source: http://chrisagde.free.fr/

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